Bonne pêche à toutes et à tous, Christophe

Texte et photos : Christophe Noharet – Extrait du livre « Confessions d’un pêcheur à la mouche »

Il en existe en France plus de trois-cent-cinquante espèces, ce qui en fait l’insecte le plus représenté dans nos rivières. Que ce soit sous la forme larvaire, nymphale ou imaginale, on en rencontre de toutes tailles (de moins de cinq millimètres à plus de vingt millimètres) et de toutes couleurs (noirs, roux, bruns, jaunes, gris).

Il en existe deux grandes catégories qui se distinguent par leur mode de vie au stade larvaire : les éruciformes construisent un fourreau protecteur et vivent en bordure, accrochés à un support (pierre, racines, etc.), alors que les campo-déiformes n’en construisent pas et se réfugient sous les pierres. Le cycle complet (de l’œuf à la mort de l’imago) se déroule sur un an. Au terme de onze mois de développement la larve éruciforme scelle son fourreau tandis que sa cousine germaine campo-déiforme construit un abri semblable à un cocon.

En fait elles s’isolent pour connaître une nouvelle métamorphose, la dernière de leur vie aquatique. Les larves deviennent pupes, et au terme de quelques semaines elles s’extraient de leurs cocons puis s’élancent à toute vitesse vers la surface. Excellentes nageuses, leurs mouvements génèrent des sillages à la surface de l’eau sur plusieurs dizaines de centimètres de long. Cette nage rapide et saccadée rend les truites folles ! Excédées par ce comportement provocateur, elles sautent parfois hors de l’eau pour les intercepter en pleine course… ces instants sont magiques.

La plupart des espèces émergent le soir, mais il n’en demeure pas moins que certaines le font le matin et d’autres en milieu de journée. Les imagos éclosent soit dans l’eau soit sur un support émergé, cela dépend des mœurs de chaque espèce. Ils sont reconnaissables grâce à la position de leurs ailes, qui sont toujours repliées de chaque côté du corps en forme de toit. Ils peuvent vivre plusieurs jours voire quelques semaines. La journée, ils se réfugient dans la végétation rivulaire, et en fin d’après-midi ils virevoltent en nuages plus ou moins compacts. C’est en toute fin de soirée, à la tombée de la nuit, que les femelles déposent leurs œufs en tapotant leur abdomen à la surface de l’eau, ce qui déclenche alors de véritables orgies alimentaires chez Dame Fario.

La multiplicité des espèces fait que l’on rencontre ces insectes tout au long de l’année et dans tous les milieux aquatiques. Ne nous leurrons pas ils sont à la base de l’alimentation de nos adversaires, j’ai d’ailleurs l’habitude de dire qu’ils sont à la truite ce que le pain est à l’homme.

Dans ce contexte n’hésitez pas à en remplir vos boîtes !

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