Podium Mondial Norvège

Bonjour Julien (G. D.), pourrais-tu nous décrire ton C.V. (ton parcours) en tant que pêcheur à la mouche?

J’ai commencé la pêche tellement jeune que je ne peux pas dire précisément à quel âge. A l’époque, je pêchais la truite en étang et le carnassier en lac avec mon papa. C’est vers l’âge de 10-12 ans toujours avec ce dernier que j’ai découvert la pêche en rivière, à ce moment- là aux leurres et appâts naturels. C’est en 2001 que j’ai commencé à pêcher à la mouche. Depuis cette découverte, je n’ai pour ainsi dire plus pêché avec une autre technique. En 2002, suite à ma rencontre avec Philippe Hardy au salon de Charleroi, j’ai commencé la compétition en Juniors et l’année d’après le championnat en senior. Après cela s’en est suivi de nombreuses années de compétition. En 2015 et en partenariat avec Planet Flyfishing, je me suis lancé comme guide pêche afin de faire découvrir nos belles rivières de Wallonie. En 2016, j’ai eu la chance de débuter une belle aventure, à savoir intégrer l’équipe Mouches de Charrette. Ensuite, faute de temps, j’ai mis un peu de côté la compétition officielle et le guidage. Mais cette année, l’envie est trop forte et je me suis donc réinvesti un peu plus dans la compétition et je reprends mes activités de guide avec de nouvelles destinations en préparation.

Truite de Wallonie

(G. D.)Voici un parcours de passionné, tu t’es forgé un nom dans le monde de la pêche à la mouche au niveau international. Pourrais-tu nous en dire plus de ce sport?

La pêche à la mouche est la technique que j’affectionne le plus car elle permet d’être au plus proche de la nature  et demande une bonne connaissance du milieu et du comportement de nos partenaires de jeu. Ce que j’aime par-dessus tout, c’est le côté actif de cette pêche, le fait qu’on soit constamment en mouvement et en éveil. La pêche à la mouche, même si certains peuvent en douter, est une activité qui peut être très physique, et particulièrement en compétition. En plus de la technique, si on veut faire des résultats en compétition et tenir la longueur, surtout lors de longues compétitions internationales, il est nécessaire d’avoir une bonne préparation physique. Ce que j’apprécie aussi dans cette discipline, c’est qu’il est possible de leurrer presque tous les poissons. Avec cette technique, les sensations sont souvent démultipliées ; comme  par exemple lorsque l’on pêche la carpe, le brochet ou des poissons comme le bar, bonefish et autres poissons de mer.

(G. D.)En plus d’avoir eu un parcours de renom international,  tu t’es investi comme organisateur/préparateur  de l’équipe junior belge de pêche à la mouche, peux-tu nous en dire plus ?

Depuis cette année, j’ai repris le capitanat de l’équipe Junior et l’organisation du championnat de Belgique Junior. C’est une cause qui me tient à cœur car je trouve que l’on fait trop peu de choses en général pour les jeunes.  Si l’on veut que notre discipline perdure dans le temps, il faut essayer de leur donner l’envie de se rendre au bord de l’eau. Ne faisant plus de compétition internationale, j’ai envie de leur partager ce que je sais et de les faire progresser. Depuis cette année, on organise des journées d’entrainement pour les jeunes de l’équipe mais pas seulement : tous les jeunes qui souhaitent venir se joindre à nous sont les bienvenus.

En compétition

(G. D.)La technique, les sorties, sont les bases d’un Maître de pêche. Quelles sont selon toi les autres qualités requises pour être un bon pêcheur à la mouche ?

Pour progresser dans la pêche à la mouche et je pense que c’est comme ça dans beaucoup de disciplines, c’est le travail et la remise en question perpétuelle. La compétition, si on veut la faire bien, demande beaucoup de sacrifices en temps et en énergie. On doit constamment  chercher à s’améliorer, dès que l’on trouve quelque chose, il faut chercher encore mieux. Ne jamais se reposer sur ses acquis.

Norvège

(G. D.)Quelles sont selon toi les erreurs les plus souvent commises par les débutants ?

De nos jours, dans notre société, tout doit aller vite et les pêcheurs qui se mettent à la mouche veulent vite attraper du poisson et délaissent les bases au profit de techniques modernes comme la nymphe au fil qui est certes une technique redoutable mais qui peut vite avoir ses limites. Bon nombre de pêcheurs à la mouche et même de compétiteurs sont incapables de poser correctement une sèche. Pour moi, il ne faut pas brûler les étapes et si on veut évoluer sur le long terme, il est important de maitriser les bases avant toute chose.

(G. D.)Si tu avais 5 mouches à emporter avec toi lors d’une sortie, quels seraient ces mouches ? En rivière et en réservoir ?

En rivière je prendrais sans hésiter une phaisant tail, une nymphe spot orange , une perdigone noir à  cul rouge, une imitation de sedge et une oreille de chevreuil naturel.

En réservoir, un sparkler, un boobie noir, un streamer olive, un chiro noir et un shettlecok

(G. D.)Quelles sont tes destinations préférées ? En Belgique et à l’étranger ?

En Belgique, ma préférence va à la Vesdre, même si la qualité de pêche a bien baissé, elle reste une rivière exceptionnelle où on peut avoir la chance de leurrer un joli poisson .Pour avoir beaucoup voyagé, je peux dire que nous avons la chance en Wallonie d’avoir de nombreuses rivières bien souvent riches en salmonidés. Nous ne devons bien souvent pas faire beaucoup de chemin pour trouver une bonne rivière près de chez nous. A l’étranger ce n’est pas évident car il y a pleins de belles destinations et toutes ont leur charme. Par contre il y a une pêche pour laquelle je suis devenu addict c’est la pêche exo avec de nombreux voyages en projets ! Il y a quand même une destination que j’aime en particulier ce sont les Bahamas et plus précisément sur Crooked and Acklins Trophy Lodge.

(G. D.)Quelle image ont les moucheurs sur ces compétiteurs ?

Il est difficile de répondre à cette question car il faut de tout pour faire un monde. Comme partout il y a des détracteurs qui ont leurs raisons, d’autres qui sont indifférents et d’autres qui seront amateurs de compétitions. En tout cas tout ce que je peux dire c’est que la pêche à la mouche est avant tout un loisir et comme tout loisir, le but est de prendre du plaisir. Chacun va trouver son plaisir différemment, certains, ce sera en pêchant un joli poisson à vue, d’autres en pêchant le réservoir, pour certains ce sera le fait de se retrouver seul au bord de l’eau ou avec des amis et pour d’autres ce sera la compétition. Le principal c’est que chacun soit heureux dans sa passion dans le respect des uns et des autres.

(G. D.)Un tout grand merci Julien Lorquet.

Guidage